Les stratégies de la gestion d’immigration et de l’asile au Maroc

Mariem M’FARREDJ

Doctorante en sociologie à l’université Mohammed V de Rabat.

  

La migration est un phénomène mondial, et ses répercussions préoccupent les institutions gouvernementales et les associations de la société civile dans les pays d’accueil.

Plusieurs facteurs ont contribué à accentuer l’attractivité du Maroc et de le rendre un pays de destination pour les migrants. Nous citons essentiellement sa position géographique à proximité de l’Europe ainsi que l’instabilité des pays voisins souffrant de la guerre, de la famine et de la pauvreté, ce qui pousse des milliers de leurs habitants à migrer vers notre pays en recherche d’une vie meilleure.

Le Maroc abrite aujourd’hui un nombre important des migrants, particulièrement de l’Afrique Subsaharienne et du  Monde Arabe en quête de stabilité et d’intégration sociale. Le pays est également considéré comme un abri temporaire pour traverser à la rive nord de la Méditerranée, leur permettant, ainsi, de réaliser le rêve d’atteindre l’Europe.

Aujourd’hui, le Maroc rencontre divers problèmes en matière de gestion de la migration, notamment la problématique d’intégration que ce soit la formation, la réadaptation, l’emploi ou encore la quête des moyens efficaces et adéquats pour les intégrer dans la société marocaine.

Le Maroc a fait le choix de passer d’une approche sécuritaire à une approche plutôt humaine et sociale. A partir de ce pas, il serait intéressant de savoir comment les stratégies marocaines de gestion de l’immigration et de l’asile ont-elles fonctionné ?

Suivant les rapports politiques nationaux sur l’immigration et asile des années 2016- 2017- 2018, on peut dire que la stratégie nationale du Maroc s’intéresse à intégrer les immigrants et les réfugiés après avoir réglé leur statut pour la première étape en 2014, conformément aux directives de Sa Majesté (entre 2013 et 2016) par la création d’une sous-commission chargée d’écouter et d’enregistrer les demandeurs d’asile, pour l’intégration des immigrants[1] régularisés, en leur fournissant des cartes en leurs noms, ce qui leur permet d’accéder aux droits fondamentaux[2].

Et en ce qui concerne les mesures stratégiques, le gouvernement marocain a adopté une stratégie nationale en 2014, basée sur une approche humanitaire générale et intégrée, permettant aux immigrants, aux réfugiés et aux demandeurs d’asile d’accéder aux services publics, tout type confondu. Il existe des programmes spéciaux qui permettent aux enfants des immigrés de bénéficier de tous les services fournis par le ministère de la Jeunesse et des Sports. En effet, la loi 02.03 de 2003, régule l’entrée et le séjour des étrangers sur le territoire national ainsi que l’immigration clandestine. Par ailleurs, la constitution de 2011 a souligné les principes généraux relatifs aux droits et libertés des individus que ce soit migrants ou citoyens.

D’après ce qui précède, on admet qu’il existe un cadre législatif, constitutionnel et une stratégie nationale permettant aux migrants d’accéder à leurs droits fondamentaux.

La question de la migration et de l’asile nécessite un développement durable[3] pour Le droit des migrants et des réfugiés afin de leur garantir l’accès à l’enseignement et l’éducation et d’éviter une discrimination à leur égard, et de faciliter leur intégration et leur accès aux services de base, quelque soit leur statut administratif. Ceci leur permettra également de bénéficier des programmes éducatifs, des services médicaux gratuits comme RAMED, de profiter d’un soutien financier pour les projets encourageant la diversité, la tolérance et l’acceptation des autres cultures, et d’accéder directement à tous les programmes de divertissement et de sport.

En ce qui concerne l’accès au logement, tout migrant possédant un document légal prouvant sa résidence, et dans le cadre de la modification de l’article 247 de la loi de finances de 2015, a le droit de bénéficier d’un logement social comme c’est le cas pour les marocains.

Quant à l’assistance sociale et humanitaire et des procédures judiciaires, les acteurs de la société civile œuvrent dans le cadre de la stratégie nationale en partenariat avec le Croissant-Rouge Marocain qui a fourni une aide humanitaire aux migrants à la frontière[4].

Les jeunes migrants sont également le droit d’accéder aux services de l’ANAPEC et de l’OFPPT.

Concernant le niveau de gestion des flux, il existe une stratégie qui inclut des processus et programmes spécifiques liés à l’intégration. Ce plan veille à développer des mécanismes de suivi en utilisant des moyens modernes au niveau de tous les postes frontaliers, permettant aux migrants de profiter du rapatriement librement consenti et les aider à réintégrer leur pays d’origine.

 

Nous concluons que le profil migratoire du Maroc, riche et complexe, a particulièrement évolué ces dernières années. Initialement considéré comme étant un pays de passage ou de transit, le Maroc a été progressivement reconnu comme étant un pays de destination. Pour faire face à ces nouveaux enjeux, le pays a entrepris depuis la réforme constitutionnelle de 2011 un vaste chantier de réforme de sa politique migratoire.

Depuis le lancement de la nouvelle politique migratoire en 2013, «Une politique cohérente, globale, humaniste et responsable», de nombreuses avancées ont été enregistrées sur différents niveaux. Le cadre législatif du Royaume a été revu afin de faire bénéficier les migrantes et les réfugiées à un accès aux services publics et aux programmes nationaux dans les mêmes conditions que les citoyennes marocaines.

[1] Ce sont des migrants fuyant les guerres, les conflits armés et les persécutions, ainsi que les migrations climatiques.

[2] Depuis un séminaire parole de Ministère délégué auprès du ministre des affaires étrangères, de la coopération africaine et des marocains résidant à l’étranger, chargé des marocains résidant à l’étranger, dans le Forum national sur la stratégie du Royaume du Maroc face au phénomène de la migration, le 17 et 18 novembre 2017, à Tétouan.

[3] Conformément aux dix-sept objectifs de l’Agenda 2030, dans la politique marocaine de développement sur une période de 15 ans, parvenir à une réconciliation entre les nouveaux objectifs de développement durable et les trois dimensions du développement durable; Comme indiqué dans le Forum international de migration et développement, organisé par Ministère délégué auprès du Ministre des Affaires Étrangères, de la Coopération Africaine et des Marocains résidant à l’Étranger et GFMD, le 5-7, Marrakech.

[4]  Sur le cite web du Croissant-Rouge Marocain programme Le rétablissement des liens familiaux au Maroc

 https://familylinks.icrc.org/ar/pages/countries/morocco.aspx

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